Même avec l’avènement du numérique et des livres numériques, l’illustrateur a encore beaucoup de travail… sur la planche !
Que ce soit pour illustrer un livre pour enfant, réaliser la couverture d’un roman, créer un flyer pour des salons littéraires ou concevoir une bande dessinée, ses talents de dessinateur et parfois de coloriste sont incontournables.

L’illustrateur ou l’illustratrice est bien souvent l’interlocuteur indispensable entre un auteur qui maitrise surtout sa plume et l’imprimeur dont le langage technique est parfois difficile à comprendre. Colorimétrie CMJN, résolution d’image, vectorisation de polices de caractères, grammage du papier… Tous ces termes sont bien souvent inconnus des auteurs qui ne savent pas trop comment faire pour proposer leurs images de couverture à des professionnels.

Une formation de graphiste

En France, de nombreux diplômes existent pour certifier les compétences de ces artistes, tels que le DNA, option art ou communication ou le DN MADE mentions graphisme ou livre (Bac +3) jusqu’au diplôme de Directeur Artistique (Bac + 5) et quelques écoles réputées telles que Les Beaux Arts ou l’école des Gobelins forment également à cette discipline à la fois technique et artistique.

Comment choisir le bon spécialiste ?

Avant tout, c’est une question de style. Certains illustrateurs sont plus à l’aise avec une technique de type aquarelle, d’autres préfèrent les traits noirs du fusain. Chaque artiste à son propre style et c’est d’abord à vous de savoir si votre histoire correspond à l’ambiance de dessin que sera capable de restituer votre illustrateur.

Le plus simple est encore de vous rendre sur les sites web de ces artistes afin de consulter leurs réalisations. Parfois, en dialoguant sur les salons littéraires avec d’autres auteurs, vous trouverez une couverture de livre qui vous tapera dans l’oeil. Normalement, le nom de l’artiste qui a réalisé la couverture doit figurer au début ou à la fin de l’ouvrage.

Quels sont les tarifs d'un illustrateur ?

Ils dépendent d’une part de sa réputation et d’autre part de l’importance du travail que vous lui demanderez de réaliser.

A vous de savoir négocier 😉
N’oubliez pas de définir par écrit les droits associés aux images que votre illustrateur fabriquera pour vous. Il faut clairement qu’il vous abandonne tous ses droits de reproduction.

Attention également au fait que le travail d’un illustrateur est maintenant fait à partir d’un logiciel de graphisme et avec une forte résolution (autour de 300 dpi), ce qui crée de gros fichiers sources, difficiles à télécharger. Si l’illustrateur conserve le fichier source, vous serez bien embêté le jour où vous voudrez décliner l’image dans différentes tailles ou variations.

Comment est fabriquée une image de couverture ?

L’image qui figure devant votre livre est appelée 1ere de couverture. Celle qui figure au dos de votre livre est appelée 4eme de couverture. Les mentions qui figurent sur l’épaisseur du livre (appelée “la tranche“) font souvent partie de la même illustration.

La raison est simple : l’illustrateur va créer un seul fichier qui comprendra à la fois la 1ere de couverture, la tranche et la 4eme de couverture. Il placera des guides, au millimètre près, afin d’indiquer à l’imprimeur où effectuer la pliure et la coupe. C’est pour cette raison que votre illustrateur devra discuter le bout de gras avec votre imprimeur afin de déterminer les dimensions de la tranche en fonction du nombre de pages et du grammage du papier.

L’illustrateur va créer l’image sur son écran, lequel affiche les couleurs en mode RVB (Rouge, Vert, Bleu). Mais l’imprimeur dispose d’encres de couleurs Cyan, Magenta, Jaune et Noir : le fameux mode CMJN.

C’est là que les compétences de votre illustrateur vont prendre toute leur importance afin que le joli ciel bleu dégradé de votre couverture ne vire pas à un horrible mauve sur le papier !

Donc, avant de vous plaindre du prix que vous proposera votre illustrateur et de vous rabattre vers des prestations bas de gamme, pensez que vous faites appel à un spécialiste possédant à la fois de fortes compétences techniques et aussi un talent artistique. Cela mérite une rémunération à la hauteur de ses compétences. C’est le cas de mon ami Stoon dont j’ai emprunté le portrait pour rédiger cet article ! Je vous recommande de découvrir ses bandes dessinées en vous rendant sur son site, Artisteek.