Huit mois sont passés depuis ma rupture douloureuse
avec Eva. J’ai repris ma vie « normale » dans la banlieue
bordelaise. Aujourd’hui c’est lundi. Youpi c’est la fête …
7.31. … La radio s’allume au milieu de la nuit.
7.38 …….. Déjà ?
7.43 …….. Ça passe trop vite …
7.48 ….. Bon ok, j’allume la lumière. La petite pas
trop forte qui n’éblouit pas mes yeux pleins de sommeil… Et
je reste encore un peu dans mon petit lit douillet. J’ai
largement le temps…
7.52 ….. Pleaaaaase …
7.59 … Cette sensation qu’un mur géant me pousse
irrémédiablement dans un gouffre sans fin si je ne fais rien
pour l’en empêcher, c’est-à-dire, me lever.
8.03. OK ! J’abandonne. Comme d’habitude c’est le
temps qui a gagné. L’idée que de toute façon il gagnera
toujours me fait froid dans le dos. Le temps est éternel, pas
nous. Pour la peine je vais prendre une douche bien chaude.
Brûlante plutôt.
Je m’appelle Rodrigue, mes parents étaient fan du
Cid. Dommage. J’aurais été une femme, je m’appellerais
Chimène, c’est plus joli quand même. J’ai 37 ans. Bientôt la
quarantaine. La crise ! Comme disait Coluche. Ou encore
plus moderne, « Lol », « XD », « MDR », « LMFAO »,
comme disent les jeunes « Youtubés » ou « Twitchés » sur
internet.
Côté boulot, je suis comptable dans une entreprise
située dans une zone industrielle près de Bordeaux. Je
m’occupe de la comptabilité fournisseur, assez rébarbatif et
ennuyant comme travail. Même carrément pénible je dois
dire. Côté coeur, je suis célibataire sans enfant et
« chasseur de gazelles » en activité. J’ai mis du temps à me
remettre de ma rupture avec Eva. Après avoir refait surface
et laissé le temps cicatriser mon petit coeur meurtri, j’ai
décidé de ne plus me mettre en couple pour un bon moment
et de retrouver ma liberté d’enfant insouciant. Je veux
m’amuser et faire l’égoïste. Je pourrai faire des enfants plus tard

avec la femme que j’aimerai. J’ai encore du temps

devant moi. Mais pour l’instant, à moi toutes les femmes !
J’arrive ! En plus il paraît que dans le monde il y en a sept
pour un homme. Je devrais avoir le choix. Ça devrait être
facile ! Du moins, c’est ce que je pensais au départ.
Je sors de la douche qui est devenue un hammam. Ma
peau dégage de la vapeur, j’adore cette sensation, je n’ai pas
froid en sortant de la cabine tellement j’ai chaud. Je
m’explique. Quand on sort de la douche, il y a un échange
thermique entre l’eau chaude sur la peau et l’air froid de la
pièce. L’air se réchauffe et la peau se refroidit, et donc, on a
froid. Mais moi, j’ai la peau tellement chaude que l’air froid
me fait plutôt du bien. Peut-être qu’inconsciemment j’ai
l’impression d’être dans le ventre de ma mère. Aaaaaaaahhh,
je suis bien, je me rendormirais presque debout, là, dans la
salle de bain en séchant comme un cormoran sur un rocher
les ailes ouvertes. Sur le coup, je me demande si je suis le
seul à faire ça dans le monde…

… 8h25 ! Et merde ! Je suis là en train de faire de la
psychologie à deux euros et je vais encore être en retard au
boulot. Mes chers collègues auront tôt fait de me le faire
remarquer avec leurs petites remarques soi-disant « pour
rigoler » ou des gestes de loin avec leur main droite qui
tapote leur poignet gauche en levant bien haut les sourcils.
Pénibles. De quoi je me mêle ? Est-ce que je vérifie quand
ils arrivent moi ? J’ai autre chose à faire que du flicage. Mais
apparemment, d’une manière ou d’une autre, ça doit les
rassurer et ils se sentent plus importants aux yeux du patron
ou de je ne sais qui. « Monsieur le directeur, regardez il est
en retard ! Moi j’étais à l’heure ce matin Monsieur, vous
avez remarqué, n’est-ce pas, Monsieur ? ». Heureusement
que je ne suis pas juif, arabe, noir, réfugié syrien ou
n’importe quoi d’autre que français et que je suis surtout
bien blanc. Sinon ce serait la guillotine ou les carabines que
l’on ressortirait de derrière les fagots illico. Délateurs !

Extrait du livre

Huit mois sont passés depuis ma rupture douloureuse avec Eva. J’ai repris ma vie « normale » dans la banlieue bordelaise. Aujourd’hui c’est lundi. Youpi c’est la fête …
7.31. … La radio s’allume au milieu de la nuit.
7.38 …….. Déjà ?
7.43 …….. Ça passe trop vite …
7.48 ….. Bon ok, j’allume la lumière. La petite pas trop forte qui n’éblouit pas mes yeux pleins de sommeil… Etje reste encore un peu dans mon petit lit douillet. J’ai largement le temps…
7.52 ….. Pleaaaaase …
7.59 … Cette sensation qu’un mur géant me pousse irrémédiablement dans un gouffre sans fin si je ne fais rien pour l’en empêcher, c’est-à-dire, me lever.
8.03. OK ! J’abandonne. Comme d’habitude c’est le temps qui a gagné. L’idée que de toute façon il gagnera toujours me fait froid dans le dos. Le temps est éternel, pas nous. Pour la peine je vais prendre une douche bien chaude. Brûlante plutôt.

Je m’appelle Rodrigue, mes parents étaient fan du Cid. Dommage. J’aurais été une femme, je m’appellerais Chimène, c’est plus joli quand même. J’ai 37 ans. Bientôt la quarantaine. La crise ! Comme disait Coluche. Ou encore plus moderne, « Lol », « XD », « MDR », « LMFAO », comme disent les jeunes « Youtubés » ou « Twitchés » sur internet.
Côté boulot, je suis comptable dans une entreprise située dans une zone industrielle près de Bordeaux. Je m’occupe de la comptabilité fournisseur, assez rébarbatif et ennuyant comme travail. Même carrément pénible je dois dire. Côté coeur, je suis célibataire sans enfant et « chasseur de gazelles » en activité. J’ai mis du temps à me remettre de ma rupture avec Eva. Après avoir refait surface et laissé le temps cicatriser mon petit coeur meurtri, j’ai décidé de ne plus me mettre en couple pour un bon moment et de retrouver ma liberté d’enfant insouciant. Je veux m’amuser et faire l’égoïste.

Je pourrai faire des enfants plus tard avec la femme que j’aimerai. J’ai encore du temps devant moi. Mais pour l’instant, à moi toutes les femmes !
J’arrive ! En plus il paraît que dans le monde il y en a sept pour un homme. Je devrais avoir le choix. Ça devrait être facile ! Du moins, c’est ce que je pensais au départ.
Je sors de la douche qui est devenue un hammam. Ma peau dégage de la vapeur, j’adore cette sensation, je n’ai pas froid en sortant de la cabine tellement j’ai chaud. Je m’explique. Quand on sort de la douche, il y a un échange thermique entre l’eau chaude sur la peau et l’air froid de la pièce. L’air se réchauffe et la peau se refroidit, et donc, on a froid. Mais moi, j’ai la peau tellement chaude que l’air froid me fait plutôt du bien. Peut-être qu’inconsciemment j’ai l’impression d’être dans le ventre de ma mère. Aaaaaaaahhh, je suis bien, je me rendormirais presque debout, là, dans la
salle de bain en séchant comme un cormoran sur un rocher les ailes ouvertes. Sur le coup, je me demande si je suis le seul à faire ça dans le monde…

… 8h25 ! Et merde ! Je suis là en train de faire de la psychologie à deux euros et je vais encore être en retard au boulot. Mes chers collègues auront tôt fait de me le faire remarquer avec leurs petites remarques soi-disant « pour rigoler » ou des gestes de loin avec leur main droite qui tapote leur poignet gauche en levant bien haut les sourcils.
Pénibles. De quoi je me mêle ? Est-ce que je vérifie quand ils arrivent moi ? J’ai autre chose à faire que du flicage. Mais apparemment, d’une manière ou d’une autre, ça doit les rassurer et ils se sentent plus importants aux yeux du patron ou de je ne sais qui. « Monsieur le directeur, regardez il est en retard ! Moi j’étais à l’heure ce matin Monsieur, vous avez remarqué, n’est-ce pas, Monsieur ? ». Heureusement que je ne suis pas juif, arabe, noir, réfugié syrien ou n’importe quoi d’autre que français et que je suis surtout bien blanc. Sinon ce serait la guillotine ou les carabines que l’on ressortirait de derrière les fagots illico. Délateurs !

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